Revue systématique : une consommation accrue de graisse laitière peut être liée à moins de surpoids et d’obésité infantile

Résumé d’une revue par Vanderhout et coll. 2020

Il pourrait y avoir un lien favorable entre l’apport de lait entier et la surcharge pondérale ou l’obésité infantile. Selon une revue systématique et une méta-analyse par Vanderhout et coll., une consommation plus élevée de graisses laitières est associée à moins de surpoids et d’obésité chez les enfants. Les auteurs de la revue écrivent que des données tirées d’études d’intervention clinique et d’études de cohortes prospectives bien conçues sont nécessaires pour déterminer si ce lien est causal.

Points clés de la revue systématique et de la méta-analyse :

  1. La recherche observationnelle suggère qu’un apport accru en graisses laitières est associé à une fréquence moindre de surpoids et d’obésité infantile.
  2. Les recommandations internationales incitant les enfants à opter pour des produits laitiers demi-écrémés ou écrémés pourraient ne pas réduire le risque d’obésité infantile.
  3. Des études randomisées avec groupe témoin sont nécessaires pour déterminer si la graisse laitière réduit le risque de surcharge pondérale ou d’obésité.

Les revues systématiques antérieures et les méta-analyses portant sur l’association entre la consommation laitière et le surpoids ou l’obésité infantile ont montré des résultats contradictoires. Vanderhout et coll. ont fait remarquer que ces études antérieures évaluaient la consommation globale de produits laitiers, mais n’avaient pas examiné spécifiquement la graisse de lait. L’objectif de l’étude de Vanderhout et coll. (2020) était d’étudier l’association entre le lait de vache à pleine teneur en matières grasses (3,25 %) comparativement au lait de vache écrémé (0,1 à 2 %) vis-à-vis du surpoids ou de l’obésité infantile. Cette revue systématique a trouvé une association favorable entre la consommation de lait entier et le surpoids ou l’obésité infantile. Comme il y avait une forte hétérogénéité entre les études et qu’aucune étude d’intervention n’avait été identifiée, le lien de causalité des résultats actuels devrait être étudié de manière plus approfondie.

Au cours des 40 dernières années, le nombre d’enfants obèses en Amérique du Nord a augmenté. À l’heure actuelle, environ un enfant sur trois est en surpoids ou obèse. Au cours de la même période, la consommation de lait entier a été réduite de moitié.

Les autorités sanitaires telles que la « Canadian Peadiatric Society » et l’ « American Academy of Pediatrics » conseillent aux enfants dès l’âge de deux ans de remplacer le lait entier (3,25 % de matières grasses) par du lait demi-écrémé ou écrémé (0,1 à 2 % de matières grasses), afin de limiter l’apport en matières grasses et réduire le risque d’obésité chez les enfants. Dans d’autres pays, comme l’Europe, le Royaume-Uni et l’Australie, les recommandations des autorités sanitaires sont similaires. En général, les lignes directrices des autorités sanitaires sont le point de référence pour les professionnels de la santé, les familles, les écoles et les décideurs dans le domaine de la nutrition des enfants. Il n’est donc pas surprenant que depuis 1970, la disponibilité du lait entier en Amérique du Nord ait chuté de 80 %, tandis que les ventes de lait demi-écrémé et écrémé ont triplé.

Le lait est une importante source d’énergie, de protéines et de matières grasses pour les enfants en Amérique du Nord. Au Canada, 88 % des enfants âgés de 1 à 3 ans et 76 % des enfants âgés de 4 à 8 ans boivent quotidiennement du lait. Il est donc important de comprendre le lien entre la consommation de graisses laitières et le risque de surpoids ou d’obésité.

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