Pour apprendre à l’enfant un mode de vie sain, les parents et le milieu sont essentiels

Compte rendu du 3e congrès « ce qu'on apprend au berceau dure jusqu'au tombeau » |
Pour vivre en bonne santé toute sa vie, il est important d’adopter un mode de vie sain dès le plus jeune âge. À cet égard, les parents ont un rôle important à jouer, non seulement auprès des jeunes enfants, mais aussi auprès des adolescents. De plus, le milieu dans lequel grandit l’enfant, tel que l’école ou la localité, a également une influence. Voilà ce qu’ont pu entendre les participants au 3e congrès « Jong geleerd is oud gedaan ». Le FrieslandCampina Institute a organisé ce congrès, qui s’est tenu à guichets fermés, le 29 novembre 2019 chez Corpus, à Oegstgeest. Quelque 450 diététiciens (pour enfants), pédiatres, infirmiers pédiatriques et autres professionnels de la santé ont reçu des conseils sur l’accompagnement des parents et des enfants, et découvert quelle approche est efficace pour optimiser le mode de vie des enfants.

Selon l’ing. Viyan Rashid, il est important d’adopter un mode de vie sain avant même la grossesse. Cette professeure et chercheuse à la Haute École d’Amsterdam a présenté des résultats issus de l’étude ABCD, dans laquelle quelque 8 000 enfants d’Amsterdam sont suivis de la grossesse à l’âge adulte.

Pour apprendre à l’enfant un mode de vie sain, les parents et le milieu sont essentiels 2

Viyan Rashid : « On sait que le tabagisme pendant la grossesse augmente le risque de naissance prématurée. Or, l’étude ABCD montre que ce risque est encore plus grand si la mère présentait déjà une surcharge pondérale avant la grossesse. Le surpoids de la mère est également associé à un risque accru de surpoids pendant l’enfance, en particulier si l’enfant évolue dans un milieu non occidental au statut socio-économique bas ». Cependant, selon Viyan Rashid, les professionnels de la santé ne doivent pas penser que la faiblesse du statut socio-économique ou le caractère non occidental du milieu va toujours de pair avec un mode de vie malsain : « Chaque groupe a des habitudes saines et moins saines. Par exemple, les enfants évoluant dans un milieu non occidental mangent plus de fruits que les enfants néerlandais. Et les mères néerlandaises boivent plus souvent de l’alcool pendant la grossesse ».

Les tout-petits mangent plus sainement que les adolescents

Pour apprendre à l’enfant un mode de vie sain, les parents et le milieu sont essentiels 4

Qu’en est-il des habitudes alimentaires des enfants aux Pays-Bas ? Le Dr Caroline van Rossum du « Rijksinstituut voor Volksgezondheid en Milieu » (Institut néerlandais pour la santé publique et l’environnement) a présenté des analyses basées sur la dernière enquête sur la consommation alimentaire 2012-2016, à laquelle ont participé 2 235 enfants de 18 ans ou moins. Ces analyses montrent que les jeunes enfants se conforment plus souvent aux directives que les adolescents. Environ la moitié des tout-petits consomme la quantité recommandée de légumes et près de 40 % d’entre eux mangent suffisamment de fruits. Chez les 14-18 ans, seul 1 % mange la quantité recommandée de légumes et 10 % consomment la quantité recommandée de fruits. Les adolescents en particulier consomment également moins de lait et de produits laitiers que les quantités recommandées dans la pyramide alimentaire. Caroline van Rossum : « Les professionnels ont souvent tendance à s’intéresser principalement à la nutrition des plus jeunes enfants, mais les adolescents aussi nécessitent une attention particulière ».

Aborder avec tact le thème du surpoids

Pour apprendre à l’enfant un mode de vie sain, les parents et le milieu sont essentiels 5

Les professionnels se demandent comment il convient de s’adresser aux parents lorsqu’ils constatent un début de surpoids chez un jeune enfant. Le participant qui a posé cette question a reçu une réponse dans la présentation du Dr Monique L’Hoir. Psychothérapeute, pédagogue clinicienne (profession qu’elle n’exerce pas) et chercheuse principale à l’Université de Wageningen et au GGD Noord- en Oost-Gelderland, elle a dit l’importance de ne pas aborder le thème frontalement. Monique L’Hoir : « Il vaut mieux construire d’abord une bonne relation avec les parents et les féliciter pour les choses qui vont bien. Vous pouvez ensuite essayer de trouver des moyens pour faciliter la discussion. » Elle conseille d’éviter le mot « surpoids » et d’aborder le thème par le biais de questions liées au poids : la nutrition, l’activité physique et le sommeil. Monique L’Hoir est elle-même impliquée dans le développement d’une intervention nutritionnelle spécifique à la culture : « Celle-ci repose sur ce que dit le Coran en matière de nutrition, d’activité physique et de sommeil. Elle s’appuie sur les leçons qui sont données en arabe à la mosquée aux parents d’enfants d’écoles primaires. »

Attirer les adolescents vers un mode de vie sain

Pour apprendre à l’enfant un mode de vie sain, les parents et le milieu sont essentiels 6

De nombreux parents d’adolescents pensent que leur mission est terminée, mais rien n’est plus faux. L’influence des parents sur les adolescents est aussi grande que sur les jeunes enfants. Telle est l’intime conviction de Jan Willem Roseboom, écrivain et expert en parentalité à la fondation « De Family Factory ». Dans sa présentation, il a insisté sur le fait que les adolescents se développent mieux lorsque les parents s’impliquent activement, fixent des limites et stimulent leur indépendance. En plus d’intervenir en tant qu’orateur, Jan Willem Roseboom a également présidé le congrès. Et le congrès, c’est en jonglant qu’il l’a ouvert, afin d’illustrer l’importance pour les parents de définir des priorités. En tant que professionnel, il est bon de garder cette règle à l’esprit et de donner davantage la priorité à la santé.

Interventions réussies en milieu scolaire

Pour apprendre à l’enfant un mode de vie sain, les parents et le milieu sont essentiels 7

Les deux dernières présentations du congrès portaient sur l’importance d’offrir aux enfants un cadre de vie plus sain. Le Dr Maartje Willeboordse, chercheuse principale à la Maastricht University, a présenté les résultats de l’intervention « Gezonde Basisschool van de Toekomst » (« Pour une école primaire plus saine »). Cette intervention s’est déroulée de 2015 à 2019 dans 4 écoles primaires de la région de Parkstad, dans le Limbourg néerlandais. Dans ces écoles, les enfants ont bénéficié d’une collation et d’un repas de midi sains, et ont bougé chaque jour pendant au moins 60 minutes lors d’activités organisées. Après deux ans, les comportements alimentaires sains ont augmenté de façon significative par rapport aux écoles témoins. Maartje Willeboordse : « Les enfants prennent un repas plus sain à midi, ils mangent plus de fruits et légumes et moins de friandises. Ils boivent plus d’eau et moins de boissons sucrées. En outre, les enfants restent moins de temps assis et font davantage d’activités physiques légères ». Enfin, des effets favorables ont été observés sur le poids corporel. Maartje Willeboordse : « Le score IMC avait diminué de manière significative, indépendamment du statut socio-économique et de l’ethnicité ».

Plaidoyer pour une coopération sur tous les fronts

Pour apprendre à l’enfant un mode de vie sain, les parents et le milieu sont essentiels 8

L’approche ancrée sur le quartier de la fondation « Jongeren Op Gezond Gewicht (JOGG) » fonctionne bien également, comme l’a montré Marjon Bachra, directrice de JOGG. Une municipalité néerlandaise sur trois travaille maintenant avec JOGG, ce qui porte ses fruits. Marjon Bachra : « Dans 29 municipalités JOGG, nous constatons une baisse de l’IMC chez les enfants. Selon Marjon Bachra, la santé des enfants n’est plus seulement du ressort des professionnels de la santé : « Les écoles, les cantines sportives, les supermarchés, les municipalités et les autorités jouent également un rôle ». Elle a plaidé en faveur d’une coopération entre toutes les parties impliquées dans le milieu de vie des enfants : « Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous pourrons amorcer un changement culturel et combattre le surpoids chez l’enfant ».